Conditions d'apparition des tendinopathies

Les tendinopathies touchent autant les sportifs professionnels que les bricoleurs du dimanche. Ce sont dans les deux cas, des pathologies mécaniques dégénératives. C'est-à-dire qu'elles relèvent d'un processus dégénératif, et non d'un processus inflammatoire comme on le pensait « à l'époque des tendinites ». Ceci est la conséquence d'une incompatibilité entre les contraintes imposées aux tendons, et la résistance intrinsèque du tissu tendineux. L'adaptabilité histologique étant limitée, le renouvellement cellulaire est insuffisant ; c'est la dégénérescence. L'élément déclencheur de ce processus pathologique est un excès de contraintes mécaniques sur un tissu plus ou moins fragilisé par des facteurs intrinsèques.

Une tendinopathie comme la plupart des pathologies de surcharge est le fruit d'une accumulation de facteurs de risque. Parfois un facteur marquant comme le changement récent de chaussures se voit reconnu coupable de la pathologie alors que ça n'est que la goutte d'eau qui fait déborder le vase. En effet un tel facteur est le déclencheur de la pathologie mais sur un terrain prédisposé par de nombreux autres facteurs. D'un point de vu thérapeutique il ne faudra pas se contenter de corriger le facteur déclenchant (la goutte d'eau) mais d'éliminer également les autres facteurs de risques (vider tout le vase).

Si les tendinopathies sont réputées pour être longues à guérir, c'est parce que le potentiel naturel de cicatrisation des tendons est particulièrement faible. Ceci est lié à leur vascularisation précaire, et à la faiblesse du processus inflammatoire qui rappelons-le, n'est pas un symptôme péjoratif mais au contraire, une réponse naturelle de l'organisme.

Concrètement, l'inflammation permet de digérer les débris cellulaires, et d'apporter la matière nécessaire à la reconstruction du tissu lésé. D'où l'aberration d'une prise précoce d'anti-inflammatoires (AINS), qui en plus de nuire à votre paroi stomacale va faire obstacle à une cicatrisation spontanée.

De ce fait, la tendance thérapeutique actuelle des tendinopathies est de tout mettre en oeuvre pour relancer un processus cicatriciel efficace. C'est dans cette optique là que sont apparus dans l'arsenal thérapeutique des médecins et des kinés : les ondes de choc (radiales et focales), les injections de PRP, les peignages chirurgicaux, et que les immobilisations ont été abandonnées. En effet, les tissus répondent à des sollicitations mécaniques. En leur absence (en cas d'immobilisation stricte) le tendon s'atrophie et perd ses propriétés mécaniques.

Facteurs de risque intrinsèques

Voici les facteurs de risque intrinsèques, c'est-à-dire propre à l'individu, susceptibles d'avoir des effets néfastes sur les tendons :

  • facteurs génétiques : sur lesquels nous ne pouvons agir directement
  • âge : il n'est non plus possible de modifier son age, mais on peut minimiser son influence négative en redoublant de prudence : insister sur l'échauffement, éviter les excès…
  • sexe masculin
  • troubles morpho-statiques : pied pronateur, inégalité de longueur des membres inférieurs, décalages de bassin…
  • raideur musculo-tendineuse
  • hygiène de vie : dette de sommeil, consommation d'alcool, de tabac...
  • comportement hygiéno-diététique : alimentation inadaptée (acide, hypercarnée), consommation faible en eau
  • mauvais état général : infections à distance (bucco-dentaires...)
  • stress : entraine la sécrétion de catécholamines, hormones vasoconstrictrices responsables d'une diminution de la micro-circulation

Facteurs de risque extrinsèques

Et maintenant voici les facteurs extrinsèques pourvoyeurs de troubles tendineux :

  • technopathies : mauvais matériel ou matériel inadapté (raquette de tennis, réglages selle et pédales en vélo, chaussures usées ou inadaptées à la surface de jeu, souris d'ordinateur...)
  • environnement inadapté : terrain trop dur, ou trop mou
  • erreur d'entrainement ou de préparation : trop brutale, trop ambitieuse, inadaptée à la réalité de la compétition, absence d'échauffement
  • mauvaise réalisation du geste sportif ou professionnel : tennis, golf...
  • traitement médicamenteux : attention aux fluoroquinolones indiqués dans le traitement des infections, et aux corticostéroïdes